70 ans du Batailon de Joinville…!!!
En ce jour, certains d’entre vous célèbrent les 70 ans du bataillon de Joinville. Je vous propose donc de revenir sur ce qu’était ce bataillon et de mettre également à l’honneur les appelés haltérophile de notre région, depuis sa création en 1956 jusqu’à la fin du service militaire obligatoire et, par conséquent à la disparition du bataillon en 1997.
Le bataillon de Joinville était une structure de l’armée française destinée à accueillir des sportifs athlètes de haut niveau, afin qu’ils puissent poursuivre leur entraînement tout en accomplissant leurs obligations militaires. Créé en 1956, dans le contexte du développement du sport de haut niveau et du service militaire obligatoire, il répondait à une idée finalement assez simple : Concilier le devoir militaire et la pratique du sport de haut niveau. Vous l’aurez compris : le Bataillon de Joinville combinait donc les deux.
Le bataillon était installé dans le bois de Vincennes, à proximité de Joinville-le-Pont, d’où son nom.
Son principe était relativement simple : plutôt que d’interrompre la carrière d’un sportif durant son service militaire, l’armée lui permettait de continuer à s’entraîner, mais également de participer à des compétitions et, pour certains, de préparer les grandes échéances internationales ! Finalement, on pourrait presque dire que le Bataillon de Joinville était une véritable école sportive au sein de l’armée. À une époque où le service militaire était obligatoire, il permettait ainsi à la France de ne pas sacrifier la carrière de ses meilleurs sportifs et de continuer à obtenir des résultats sur la scène nationale et internationale. Le sport de haut niveau constituait déjà, à cette époque, un véritable enjeu de représentation et de rayonnement pour le pays.
Vous l’aurez compris, les haltérophiles n’ont pas échappé au service militaire. Mais comme de nombreux autres sportifs, certains d’entre eux ont eu la possibilité d’intégrer le Bataillon de Joinville… et attention les athlètes occitans n’ont pas manqué au cours de ces longues années d’existence du bataillon !
Il est toutefois difficile de remonter avec précision jusqu’aux premières années, notamment à partir de 1956. Je sais donc que certains d’entre vous pourront certainement nous aider à retrouver les noms qui manquent encore à cette liste.
Voici donc, année après année, la liste des haltérophiles de notre région ayant intégré le Bataillon de Joinville, accompagnée de leurs photographies et de leurs trombinoscopes.
1970 :
BAILLET Jean-Claude
DESPECHE Gérard, athlète occitan
INDELICATO Pierre
LELAIDIER Michel
LESTAVEL Jacques
DULICE Gérard
DELPUECH Jean-Claude
ERMACORA Bruno
1980 :
CATANOSO Sylvio
CHAZELLE Christian
DUTRUC Jacques
LEROY Jean-Paul
NIVAULT Jean-Luc
PLANCHE Dominique
SIRI Yves
1981 :
BOISTON Didier
CORROYER Thierry
GUILLAUMET Geoffroy
LENOA Philippe
LEJEUNE Serge
NICLI Lionel
1982 :
CAUNET françois
FRANCOMME Joseph
HAREL Ludovic
MARIGNAN Frédéric
MAUCOURANT Joël
MOTTER Daniel
RAYNAUD Thierry
ROLAND Gérald
TOURNEFIER Francis
1983 :
BRIANT Eric
DU PLANTIER Bruno
TEILLON Patrice
ZITOUNI Farès
1985 :
ARBITRE Emmanuel
BARON Frédéric
LENOURY Eric
MATHIAS Alfred
PATERNI Frédéric
RIGAUD Vincent
1987 :
GONDRAN Lionel
HARAND Christophe
PASTOR Marcel
1990 :
ABBOU Bendehiba
RENOUF Joël
SAGEDER Stéphan
1991 :
CHRISTOPHEL Christian
MERCADIER Olivier
PASTOR Marc
RACENET Luc
REMOND David
1992 :
ANNE Cyrille
FRANCOIS Denis
GONCALVES Franck
PEGNA Enrico
Jean-Claude Cozeret, actuellement licencié en tant qu’arbitre au club de Clermont Sports et qui nous a également transmis de précieuses archives, a lui aussi participé au Bataillon de Joinville.
Appelé en mai 1969, il a notamment participé à des stages franco-allemands de l’INS et aurait également pris part à la préparation de la compétition de Mexico 1968.
À ses côtés, de nombreux autres camarades de notre entourage ont également effectué leur service au Bataillon de Joinville, parmi lesquels Michel Cantuel, appelé en 1970, Jean-Marie Bourreau, présent en 1978-1979, ainsi que Christian Froudet, appelé en 1989, et j’en oublie sûrement certains.
Aujourd’hui, même si le Bataillon de Joinville a connu une longue période de mise en sommeil avec la fin de la conscription, l’histoire du sport de haut niveau au sein des armées ne s’est pas arrêtée pour autant.
Depuis 2014, l’« Armée de champions » a pris le relais sous une nouvelle forme, afin de permettre aux sportifs de haut niveau de concilier leur carrière sportive et leur engagement au sein des armées. Le Bataillon de Joinville a d’ailleurs été réactivé en juin 2015, au sein de l’Académie militaire des sports de la Défense.
Le principe reste finalement assez proche de celui qui existait autrefois : permettre à nos meilleurs sportifs de poursuivre leur préparation et leur carrière au plus haut niveau, tout en représentant les armées et, à travers elles, la France lors des grandes compétitions internationales.
Et l’haltérophilie est toujours bien présente dans cette histoire !
On peut notamment citer Romain Imadouchène, haltérophile français et membre de l’Armée de champions. Après avoir porté les couleurs de la France au plus haut niveau, notamment aux Jeux olympiques de Paris 2024, Romain poursuit aujourd’hui son parcours sportif au sein de ce dispositif. Son engagement vient d’ailleurs d’être renouvelé pour deux années supplémentaires, avec désormais en ligne de mire les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Ainsi, près de 70 ans après la création du Bataillon de Joinville, l’esprit demeure : permettre à des sportifs de haut niveau de servir leur pays sans avoir à mettre entre parenthèses leur carrière sportive.
Hier comme aujourd’hui, les haltérophiles ont donc leur place dans cette belle histoire entre sport et armée.
Je remercie chaleureusement Chantal Laherrère pour sa précieuse collaboration, ainsi que pour le partage de ses photographies et de ses documents.
Mes remerciements vont également à Jean-Claude Cozeret pour la qualité de nos échanges et pour sa contribution.